
Réalisateur Joe Lukawski présente son travail documentaire sur ‘Les eaux cachées’ de Fès, Maroc lors de la conférence TEDxRabat à la Bibliothèque National du Royaume du Maroc, Novembre 2012.
Rendez-vous le 24 novembre au Club Banque al Maghrib pour l’édition 2012 de la conférence TEDxRabat sous le thème “Illumination”. Le réalisateur Joseph Lukawski présentera “Les eaux cachées”, un film à la fois ethnologique et historique sur la ville de Fès et ses eaux, fruit d’une exploration filmique d’un an dans la médina de l’ancienne capitale impériale.
Comment le passé éclaire-t-il le présent dans le film documentaire ?
Pour plus d’informations / For more information :: www.tedxrabat.com
July 6th, 2012 at 19h00. Free entry, but seating is limited. Followed by cocktail and afterparty (BYOB).

Après de longues négociations pour obtenir les autorisations nécessaires aux deux derniers tournages – au hammam de la mosquée Moulay Idriss II et à la nouvelle station d’épuration d’eau, en avale de l’ancienne médina – les tournages ’[D]es eaux cachées’ sont enfin terminés. Ces tournages n’auraient pu avoir lieu sans l’aide de Karima al Baz de la Commission Marocaine Américaine d’Echanges Culturelles et Educatives et du Wilaya de la région Fès-Boulemane.
Dans le hammam Moulay Idriss, un des plus beaux et plus anciens de Fès, on peut y voir des plafonds voûtés et un frigidarium (nom latin pour la structure analogue des bains romains) surmonté d’une grande coupole. Cette structure permet de stabiliser les températures des salles, en même temps qu’il laisse pénétrer la lumière du jour. Depuis des siècles, les clients de cet hammam jouissent d’un environnement confortable pour y faire leurs ablutions rituelles comme pour bénéficier de la chaleur et des eaux de source qui coulent toujours dans ses bassins.

Plus loin vers l’Oued Sebou, une des plus grandes et plus importantes rivières du Maroc, une nouvelle station d’épuration d’eau sera mise en service en septembre. Gérée par la RADEEF en partenariat avec plusieurs bailleurs de fonds internationaux, cette station dotée des plus récentes technologies aura pour mission de dépolluer complètement les eaux usées de Fès, responsable à 40% de la pollution de l’Oued Sebou entre Fès et l’Atlantique. Elle utilisera le gaz biologique résultant de son traitement biochimique pour générer de l’énergie. Cette technologie fait de cette nouvelle station la plus écologique du pays.
Le 17 juin 2012, Joe Lukawski et Armand Jayet ont rejoint Dar Batha et amorcent désormais la dernière étape de la réalisation du film documentaire “Les eaux cachées”. Accueillis dans la résidence des artistes de l’Institut français de Fès, qui leur apporte un soutien logistique et technique, ils disposent d’un cadre idéal, au coeur de la médina, pour réaliser le montage du film. 3 semaines marathon pour être fin prêts le 6 juillet puisqu’ils présenteront à cette date les premières images du documentaire lors de la projection publique, en présence des nombreux contributeurs et acteurs qui ont rendu possible ce projet documentaire.

Hier avec un ami du Peace Corps, on allait filmer autour de la rivière Fès où elle entre dans la médina au niveau de R’cif. J’avais déjà filmé cet endroit où à coté de la rivière des petites eaux de sources coulent à travers des passages très anciens, qui alimenté à l’époque une fontaine peut-être ou bien qui étaient utilisées par des petits agriculteurs situés dans cette petite vallée.
Cette fois ci, on rencontre Rachid. Avec sa brouette rempli de bouteilles vides, il descend tous les jours à la recherche des eaux fraîches gratuites. Originaire de Fès, il m’a raconté sa jeunesse où l’on trouvait l’eau de source partout. Maintenant, vivant dans une maison sans eau de robinet avec dix-huit personnes, il trouve que même s’ils avaient une prise d’eau de robinet, elle serait trop cher.
D’une façon, cette rencontre montre l’importance des vestiges d’une eau de source qui, il était une fois, était beaucoup plus accessible aux gens de la médina. Aujourd’hui, la plupart des fontaines publiques dans la médina sont en ruine. La plupart des gens utilisent et paient pour l’eau de robinet. Les anciens canalisations d’eau de source sont dégradés et le débit d’eau est très bas comparé à ce qu’il était il y a une vingtaine d’années. Néanmoins, il y a toujours une partie de cette population urbaine qui dépendent sur “les eaux traditionnelles” et les petites sources. L’état de l’ancien réseau hydraulique en arrière plan, l’amélioration des réseaux modernes a pour mission toucher un maximum de la population en rendant l’eau de robinet plus accessible. Cependant, que feront-ils, les gens qui ne peuvent pas payer, quand il ne restera plus d’eau de source à Fès?
Yesterday I went with Pearce Corps Volunteer Steven Kurvers to film an area where the Fez river enters the medina near R’cif. I had already filmed this place, where fresh spring water flows through medieval channels just alongside the river that at one time fed a fountain or perhaps brought water to small-scale farms that once littered the valley outside the medina of Fez.
This time, we met Rachid. With his wheelbarrow full of empty plastic water jugs, he goes there everyday in search of free fresh water. A native of Fez, he told me about his youth when spring water flowed freely throughout the old city. Now he lives with eighteen family members in a house with no running water, and he says that even if they had a intake valve on the house, tap water would be too expensive.
In a way, this meeting shows the importance of what is left of Fez’s spring water, which at one time was more accessible to the people of the Fez medina. Today most public fountains in the medina are in ruins. Most people pay for access to tap water from the municipality. The old water canals are degraded and the flow of water through them is much less than it was, say twenty years ago. Nonetheless, there are still people in the Fez medina who depend on “traditional water” and small springs despite the stress on these resources posed by overpopulation. With work on the old water system on the back burner, improvements to the modern water system aim to make tap water more accessible to more people. However, what will those who can not pay do when the springs dry up?
Photos by: Steven KurversDepuis 1993, on observe chaque 22 mars la Journée Mondiale de l’Eau. Cette année, ce jour qui nous exiges de penser à l’importance de l’eau et à son avenir tombe une semaine après le Forum Mondiale de l’Eau à Marseille où deux jeunes représentants du confédération Ifogha des tribus Touareg ont commencé le cérémonie d’ouverture avec une lecture mouvante sur l’importance de la conservation d’eau et des réalités de sécheresse. Le soif, dit la jeune fille, est quelque chose que peu d’entre les gens présent au forum puisse connaître, mais qui est une réalité pour beaucoup de gens des régions plus sèches du monde. Voici leur lecture :
Les régions désertiques d’où ils viennent ont toujours posé ce défi aux peuples nomades du Sahara. Pendant un entretien avec l’architecte Rachid Haloui, il nous dit que la manque d’eau est quelque chose que les Arabes nomades portaient dans leurs gènes, qui les exigeait il était une fois de maîtriser l’eau : sa conservation, son partage, et son utilisation. Aujourd’hui, cette maîtrise des eaux, qui a informé d’une certaine manière l’aménagement des villes de l’Afrique du Nord par les peuples désertiques, comme les Almorovides au dixième siècle au Maroc; elle risque d’être oublié par la modernité.
Fès n’a jamais vu un vrai manque d’eau jusqu’à récemment, c’est à dire quelques dizaines d’années. Maintenant le changement climatique et le dégradation des anciens réseaux font que les gens ne peuvent plus forcément vivre sur les eaux de sources et des rivières comme avant. Le niveau est trop bas, les sources ne sont plus si nombreux. Néanmoins, pour comprendre la maîtrise des eaux riches de Fès dans sa “belle époque,” il faut regarder dans le passé où les peuples des régions sèches sont arrivés aux sources de la région Fès – Meknes avec leur savoir faire, leurs valeurs d’égalité et de partage des eaux et leurs idées pour son aménagement.
Pour la Journée Mondiale de l’Eau, je me retrouves au site archéologique d’Aghmat avec l’anthropologue Marocain Mustapha Qadery pour filmer les vestiges de cette ancienne capitale Almorovide, où la ville entière et son hammam majestueux étaient alimenté par les eaux de rivière canalisées des montagnes à coté. Le hammam le palais et la mosquée d’Aghmat ont été tous découverts pendant une série de digues réalisés par l’archéologue Américain Ron Messier et son équipe. Aghmat et Marrakech, tous les deux capitales Almorovides à leurs tours, sont, comme Fès, alimentées ingénieusement et peuvent élargir notre point de vu sur les traditions de partage équitable des eaux qui existaient à Fès et qui se manifestent dans certains situations aujourd’hui, même malgré un débit moins important et le prix des eaux ‘rumi’ (l’eau de robinet).
Le voyage continue pour la production de ‘Les eaux cachées,’ et avec chaque rencontre, l’histoire des eaux de Fès devient plus complexe. Aujourd’hui, prenons exemple des gens du désert et de ceux qui à l’époque ont pensé à l’eau du point de vu de la conservation et du partage équitable. Allons plus loin pour trouver des solutions quotidiennes et globales qui puissent rendre l’accès à l’eau plus équitable dans nos quartiers comme dans le monde. Comprenons que le soif existe et qu’il risque de détruire nos cultures.
Joe Lukawski et son film ‘les eaux cachées’ font sujet d’une émission du serie “authentica,” réalisé par Fredéric Calmès sur Luxe Radio Maroc. Joe parles de l’ancien réseau hydraulique dans la médina de Fès et l’avenir de la rivière.
A écouter ici : Les Eaux de Fès
Joe Lukawski’s film “Les eaux cachées” was recently featured on Luxe Radio Maroc’s “Authentica.” In the reportage by Fredéric Calmès Joe speaks about the medieval water system in the medina of Fez and the future of Fez’s river.
Listen here: The Waters of Fez
En partenariat avec l’Institut Français de Fès, Armand Jayet rejoindra cet été l’équipe “Hidden Waters” dans le cadre d’un résidence artistique au Dar Batha mise à disposition des jeunes talents par l’IF. Jayet passera trois semaines sur place dans la médina de Fès en charge du montage de la première version du film documentaire Hidden Waters. Monteur de vocation, cinéphile depuis sa naissance, Jayet apportera tout son talent et son expérience, son “timing” extraordinaire, et un regard précieux sur le projet et la réalisation de Hidden Waters ; Une plongée dans l’effervescence fassi, un bain dans la lumière et l’esthétique de la vieille ville de Fès.
Nous remercions Philippe Laleu et Brahim Zarkani de l’Institut Français de Fès pour cette oportunité et pour tous ce qu’ils portent au projet.
In partnership with the French Institute of Fez, film editor Armand Jayet will be joinging the Hidden Waters team this summer. He will spend three weeks on location in Fez to edit the first version of the film thanks to an artist residency at the Dar Batha offered by the FI Fez. Editor by vocation, cinephile since birth, Jayet will bring his experience, his extraodinary sense of timing, and a reflected look to the film – all while taking in the light and aesthetic of the old city of Fez.
Special thanks to Philippe Laleu and Brahim Zarkani from the French Institute of Fez for this opporunity and their continued support of the project.